États-Unis

La terre mythique

Dernière mise à jour le 15/03/2014

L'indice W Project

80/100

La note en détail

Macro-économie
Macro-économie

Depuis la sortie de la récession en juin 2009 l’économie s’affermit : +1,9% de croissance en 2013 Plus bas niveau de chômage depuis 5 ans Une économie résiliente!

7/10
Accessibilité Internet
Accessibilité Internet

Le pays qui a vu la naissance d’Internet.
Connexions et réseaux sont très performants.Il y a un dynamisme des initiatives liées à internet!

10/10
Concurence
Concurence

Que ce soit dans la Silicon Valley ou dans le reste du pays un des maîtres mot est concurrence!
Ici c’est la NBA attendez-vous à vous confronter aux meilleurs mondiaux!

4/10
Création d'entreprise
Création d'entreprise

La difficulté n°1 c’est l’obtention du visa, véritable sésame.
Pour le reste une économie de la prise d’initiative classée 4ème à l’indice « Doing Business » et 11ème pour la création d’entreprise.

7/10
Culture business
Culture business

Une culture business bien particulière.
1- Un marketing orienté client. Ici, il faut penser « pain point ». Quel problème rencontre mon client? Comment je le résous?
2- Le réseau est fondamental.
3- Soyez ambitieux.
4- N’ayez pas peur de l’échec.

10/10
Infrastructures
Infrastructures

Qui n’a jamais rêvé de conduire sur les autoroutes des États-Unis?
Les infrastructures sont excellentes!

8/10
Opportunités
Opportunités

Les États-Unis c’est entre 40 et 50% du marché mondial du logiciel.
Les opportunités qui en découlent sont énormes!
Se renseigner également dans les domaines de la gastronomie, de la décoration et de l’aéronautique.

9/10
Réseaux français
Réseaux français

C’est la deuxième communauté d’expatriés français au monde avec plus de 160 000 inscrits.
Un bon moyen de nouer des contacts rapidement.

9/10
Sécurité
Sécurité

Rien à signaler. Eviter les centre-villes la nuit (Los Angeles & San Francisco).
Consulter le site Conseil aux voyageurs, du ministère des affaires étrangères.

8/10
Financement
Financement

Attention au mythe.
Si nous sommes bien dans le pays du « capital-risque » il faut arriver à trouver le bon investisseur avec les bons arguments.

9/10

L'observatoire

La mythique Silicon Valley

Voici les observations que nous avons pu effectuer sur l'entrepreneuriat aux États-Unis à San Francisco et dans la Silicon Valley. Chaque entrepreneur ayant son histoire et les grandes généralités n’ayant jamais fait office de religion, vous trouverez dans ce billet nos impressions et différentes informations recueillies au cours de notre séjour aux USA.

Sao Paulo, Dubaï, Singapour, Cape Town, Paris, Berlin. La liste des villes à laquelle on a voulu associer une reproduction de la Silicon Valley est longue mais elle reste un mythe économico-médiatique tant l’écosystème qui y existe est unique. Dans l’imaginaire de nombreux startupers, la Silicon Valley renvoie également à une image de Success Stories, de technologies de pointe et d’univers parfait pour créer une entreprise.

Pourtant, aborder les Etats-Unis et en particulier cette région du pays ne peut se faire à la légère. Pour vous, entrepreneurs français d’aujourd’hui ou de demain, le W Project a enquêté : faut-il, oui ou non, aller créer une startup dans la Silicon Valley ?

 

I. LE MARCHÉ STRATEGIQUE

40% du marché mondial du logiciel

La région de San Francisco, appelée Bay Area, est très spécifique. La ville, bordée par la Nappa Valley au nord, haut lieu de viticulture, fait aujourd’hui la une de l’actualité surtout grâce à la Silicon Valley au sud. Pourquoi vouloir aller en Californie et dans la Silicon Valley ? La région est stratégique : 40% du marché mondial du Software. On comprend plus aisément qu’il soit nécessaire de s’y implanter pour toucher son marché lorsqu’un entrepreneur souhaite développer une entreprise de logiciels ou applications. Les clients sont concentrés là-bas et donnent accès à un rayonnement mondial de manière bien plus efficace.

 

II. LE FONCTIONNEMENT, UN CERCLE VERTUEUX

Stanford, les startups, les investisseurs

Avant tout, il faut avoir une notion de l’organisation de la Silicon Valley.

Au coeur de cette organisation, juste à côté de Palo Alto, l’université de Stanford s’est érigée en véritable centre de recherche et de technologie. Dès les années 1930s, l’université se forge une solide réputation. Hewlett-Packard, l’un des leaders mondiaux du marché de l’informatique, est fondée par deux étudiants de Stanford. Frederick Terman, leur professeur, est aujourd’hui considéré comme l’un des pères-fondateurs de la Silicon Valley.

Reza Malekzadeh nous explique très bien à quel point « le passage de l’université à l’entreprise est facile ». Il a travaillé aux côtés de Mendel Rosenblum et Diane Greene, alors professeurs et chercheurs à l’université de Stanford, et participé au lancement de VM Ware en 1999.

De même, Romain Paulus, étudiant de l’ISEP Paris, en échange universitaire à Stanford fin 2013, nous précise : « Les étudiants qui font de la recherche ici pensent en faire une startup, rapidement. La mentalité est très spécifique. »

Ainsi naissent, puis grandissent les startups. Elles cherchent alors de l’investissement pour faire croître l’activité. Des Business Angels au début, avant de prendre la direction de Sand Hill Road, qui rassemble la plupart des fonds de Venture Capitalists, à un pas de Stanford. L’avenir de la startup peut alors prendre différents visages. L’entreprise peut effectuer un nouveau tour de table, si son projet est stable. Elle peut être vendue à un plus grand groupe. Elle peut fermer si le modèle ne s’avère pas rentable. Quoiqu’il arrive le cercle vertueux continue. L’entrepreneur recommence ou devient investisseur lui-même. Parfois, comme c’est le cas avec les fondateurs de VM Ware, il retourne simplement enseigner et faire de la recherche en université, retour à la première étape.

Ce cercle vertueux s’est renforcé avec des cycles de croissance et de crise, d’expansion et de repli, de développement et de concentration.

Il existe un véritable cercle vertueux de création et d’investissement qui pousse l’écosystème entrepreneurial et qui a généré richesses et croissance dans la région. Ainsi est née la Silicon Valley. La réalité pour pénétrer ce cercle vertueux n’est cependant pas si simple.

 

III. L’AMERIQUE, UN MARKETING DIFFÉRENT, ORIENTÉ CLIENT

Pitch et « pain point »

La première raison pour laquelle il n’est pas si simple de venir aux Etats-Unis est que la manière de penser, de raisonner, de mener un projet est différente de celle que nous observons en Europe. Penser avoir plus de chance de réussir une implantation aux US plutôt qu’en Asie, parce que la culture est plus proche de la notre, serait une erreur. « Le Marketing aux Etats-Unis est complètement différent de celui de l’Europe. En venant ici, il faut même penser un site Internet différent, outre la traduction, car on ne met pas en avant les mêmes contenus sur un site américain que sur un site en Europe » nous explique Valérie Zeller, directrice du développement commercial au French Tech Hub.

Elle nous explique également que les Français se retrouvent parfois en difficultés pour pitcher leur entreprise. « Aux Etats-Unis, les entrepreneurs ont une formation pour faire un pitch et l’adapter en fonction de leur interlocuteur. Il y a des règles pour s’adresser à des investisseurs, des collaborateurs potentiels, des partenaires de l’entreprise que les Français ne maîtrisent pas toujours. Ils parlent en général de leurs produits, de leurs solutions. La priorité, souvent, parler du CLIENT, Pain Point (point difficile qui sera solutionné par votre produit ou service), les Américains sont Customer-Centric ! »

Bien se renseigner sur les pratiques de Business aux Etats-Unis est donc fondamental pour pouvoir y créer son entreprise.

 

IV. LES FONDS, UNE INSTALLATION COÛTEUSE

Constituer des réserves

Autre frein, le coût d’arrivée. Vivre à San Francisco ou dans la Silicon Valley est extrêmement cher aujourd’hui. Un entrepreneur qui souhaite venir s’implanter et n’a pas anticipé les fonds nécessaires n’aura pas la capacité de rester assez longtemps pour pérenniser son activité sur place. Avoir un matelas assez confortable pour venir s’implanter est donc essentiel. Soit l’entreprise ou l’entrepreneur a provisionné assez de fonds pour étendre son activité, soit des investisseurs aident l’entreprise à pénétrer le marché américain, si elle peut réussir sur place. Thomas Cottereau, co-fondateur de Weemo, nous explique ainsi qu’il a adopté cette stratégie : « Nous avons effectué une levée de fonds avant de partir aux USA, en France, en expliquant à nos investisseurs notre projet. C’est plus simple, cela permet de faire grandir la compagnie, aux Etats-Unis, comme en France. » Aux yeux de Stéphane Alisse, directeur Ubifrance Amérique du Nord, c’est même l’un des principaux risques : « Il ne faut pas sous-estimer le temps à passer ici, ni les ressources qu’on a à y allouer. »

 

V. L’OBTENTION DU SÉSAME, LE VISA

Un dossier à préparer méticuleusement

Après avoir passé en revue ces quelques pré-requis pour partir aux Etats-Unis, une autre étape peut ralentir la création d’entreprise. Les démarches administratives, notamment l’obtention d’un visa. Que ce soit pour obtenir un visa Investisseur ou un visa de travail, il est important de bien préparer le dossier avec un cabinet d’avocat au préalable. Benjamin Mestrallet, co-fondateur d’EXO Platform a ainsi dû attendre plusieurs mois avant d’obtenir l’autorisation de venir s’installer aux USA.

 

VI. LE NETWORK, FACTEUR CLÉ DE SUCCÈS

24 heures sur 24, 7 jours sur 7

Une fois que vous arrivez sur place, il faudra bien comprendre qu’une chose est essentielle aux Etats-Unis, c’est le Network, le réseau. Celui que vous avez, celui que vous allez développer. Tous les jours, tous les soirs, participer à des événements, parler de votre projet de création d’entreprise, de vos objectifs d’implantation. Parlez de ceux que vous voulez rencontrer, identifiez-les, contactez-les par tous les moyens, mails, téléphone, Twitter. Décrochez des rendez-vous, absolument. La Silicon Valley a une culture du contact, de la rencontre de l’échange. Il faut en profiter le plus possible. Michaël Amar, fondateur de Ifeelgoods.com, insiste lourdement : « Quand vous arrivez ici, vous pouvez rencontrer les meilleurs dans chaque secteur. Il faut aller dans les conférences et les événements pour rencontrer ces gens, pour parler avec les meilleurs de votre domaine d’activité.« 

Et l’objectif est de voir, revoir et encore revoir les gens pour qu’ils se souviennent de vous. Jack Gonzalez, co-fondateur de MapJam, nous explique de plus qu’il ne sert à rien de venir ici pour 4 semaines. On ne fait rien en un mois. Il faut arriver avec un objectif à plus long-terme, rester 6 mois et voir si cela en vaut la peine.

Gilles Bianrosa, fondateur de FanTV renchérit également. « Ici, il faut oublier tout ce qu’on a appris, créer des contacts et ne pas avoir peur. Le réseau est extrêmement important. »

 

VII. LE RECRUTEMENT, PROFITER DE SA NATIONALITÉ

Développeur star system

L’une des autres difficultés que vous rencontrerez dans la Silicon Valley est le coût de la main d’œuvre. Les développeurs web notamment sont considérés comme des stars dans la Silicon Valley. Courtisés par Facebook, Google, toutes les grandes entreprises de la Tech qui mettent souvent des moyens colossaux pour s’attribuer les services des meilleurs, il devient très difficile pour une Startup et pour un entrepreneur de trouver les ressources humaines nécessaires sur place.

C’est même l’une des principales difficultés dont nous parle Thomas Cottereau. Attirer des talents est extrêmement compliqué. De nombreux entrepreneurs choisissent donc de garder leurs équipes techniques dans d’autres pays. C’est le cas de Weemo, de Scoop.it ou d’Exo Platform par exemple. « Les équipes de développement commercial sont installées à San Francisco, nous explique Guillaume Decugis, co-fondateur de Scoop.itnos équipes d’ingénieurs sont en France, à Toulouse. Ils sont extrêmement bien formés et valent largement ceux que nous pourrions trouver ici. »

 

VIII. LA LEVÉE DE FONDS,  ATTENTION AU MYTHE

L’équipe, l’idée et la différenciation

Grand mythe de la Silicon Valley, les levées de fonds ne sont pas plus évidentes ici qu’ailleurs. Et même plus compliquées. Même s’il y a « de l’argent, beaucoup d’argent dans la Silicon Valley » comme nous l’explique Phil Jeudy, lobbyiste et fondateur de Geektrip, il y a également énormément de Startups, dans des proportions encore plus importantes. Il faut donc arriver à trouver le bon investisseur, et surtout arriver avec les bons arguments. Jeff Clavier, fondateur de SoftTech VC, a « seed VC firm » qui fournit des fonds d’amorçage, nous précise les critères qu’il observe lorsqu’il doit investir dans une startup : l’équipe fondatrice, l’idée et la différenciation, la capacité à trouver une solution à un problème. L’objectif de l’investissement est ensuite d’aller le plus loin possible. Jusqu’au marché public si possible.

 

IX. AMBITION, ECHEC ET RÉUSSITE

La NBA

Vous l’aurez compris. La mentalité aux Etats-Unis, c’est d’aller loin. Romain Serman, consul général de France à San Francisco, résume très bien la situation. « Ici, c’est comme la NBA, les meilleurs du monde sont présents chaque personne, de chaque nationalité représente le meilleur de son pays. » Il faut donc avoir la volonté d’aller loin, très loin, d’être le premier, de conquérir le marché. Bertrand Diard, co-fondateur de Talend, l’un des leader mondiaux du logiciel de management de données, incite tout entrepreneur à avoir cette mentalité: « Il faut être ambitieux, il faut penser grand, il ne faut pas avoir peur de se confronter à son marché. Il faut toujours penser global, dès la création.« 

Et pour arriver à cette réussite, il n’y a pas de secrets, il faut essayer. Il faut aussi faire des erreurs. Sophie Woodville Ducom, directrice de la Chambre de Commerce de France à San Francisco nous le confirme. « On a le droit à l’erreur. On n’a pas le droit à deux fois la même erreur. » Et Gilles Bianrosa, fondateur de FanTV, de renchérir « Ici, ce n’est pas grave de se tromper, c’est grave de se tromper trop tard, de ne pas s’en rendre compte. On appelle ça TO FAIL FAST (se tromper rapidement. » Encore une chose à savoir de la mentalité à l’américaine, qu’on a du mal à s’appliquer à nous-même. « On peut avoir 10 idées qui ne marcheront pas et une onzième qui va exploser, conclut Bertrand Diard, on ne serait jamais arrivé à la onzième sans les dix premières.« 

 

X. CONCLUSION, STOP AUX COUPS DE TÊTE

Prendre le temps

Du mental, de l’accompagnement, du réseau, du temps, de l’argent. On ne va pas dans la Silicon Valley et à San Francisco sur un coup de tête.

Jeff Clavier nous explique ainsi que Jean-Baptiste Rudelle, fondateur de Criteo, l’un des plus grands succès d’entreprise aujourd’hui, a procédé de la bonne manière. En développant d’abord l’entreprise avec des fonds français puis anglais, avant d’entrer sur le marché public aux Etats-Unis. Cela a pris du temps. L’entrepreneur français a été très présent dans la Silicon Valley tout au long du développement de l’entreprise, il a su diversifier son staff et intégrer des équipes de tous les pays pour finalement imposer son modèle sur le marché américain et dans le monde.

Aller dans la Silicon Valley? Oui quand le marché le justifie, mais pas n’importe comment.

L'avis de l'équipe

    Equipe fondatrice

    Du travail, des rencontres, des réseaux, de la techno… San Francisco et la Silicon Valley ont tenu leurs promesses sur l’environnement business.

    • Il souffle à San Francisco et dans toute la vallée un état d’esprit entrepreneurial qu’on ne trouve nulle part ailleurs. L’ecosystème est unique : Stanford/Brekeley <-> Startup <-> Investisseurs <-> Géants du net/techno.

      La qualité de vie en Californie et à San Francisco est excellente! Une région à la fois si performante et si « cool » .

    • Ne vient pas ici qui veut car la compétition est féroce. Il faut avoir des moyens financiers, une bonne compréhension de la manière de fonctionner aux US et surtout, un produit qui « fit » avec le marché.

      Coût de la vie en hausse, main d’oeuvre qualifiée hors de prix, concurrence, marché du travail ultra flexible, marketing à l’américaine (orienté client). Autant de paramètres à ne pas pas négliger!

Sécurité

Ces informations liées à la sécurité ne sont pas exhaustives !

Nous vous recommandons fortement de vous rendre sur le site du Ministère des Affaires Étrangères, notre partenaire dans ce projet.

    A savoir :

  • Menace terroriste et criminalité sont deux facteurs à prendre en compte.
  • En Californie, attention, certains quartiers de San Francisco et Los Angeles sont à éviter. Garder vos effets personnels sous surveillance dans les lieux touristiques…

Sources :

Conseils aux voyageurs – États-Unis (Ministère des Affaires Etrangères), Santé – États-Unis (Institut Pasteur)