Chine

De la confection à la consommation

Dernière mise à jour le 26/11/2013

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La note en détail

L'observatoire

De la confection à la consommation

Voici les observations que nous avons pu effectuer sur l'entrepreneuriat en Chine, à Shanghaï, et la vie des entrepreneurs que nous avons rencontrés. Chaque entrepreneur ayant son histoire et les grandes généralités n’ayant jamais fait office de religion, vous trouverez dans ce billet nos impressions et différentes informations recueillies au cours de notre séjour à Shanghaï.

I. INTRODUCTION

L'Expat Show

Shanghai, premier jour. Nous arrivons depuis Hong Kong et avons déjà un rendez-vous avec certains entrepreneurs français. Une première rencontre est fixée à l'Expat Show avec Jérémy Rigaud et Virginie Pré, fondateurs de Wishu, entreprise de tampons et de lingettes hygiéniques. Cet événement est organisé à côté de Jing An Temple, la journée est claire et ensoleillée.

Nous faisons leur connaissance, leur stand est à côté de celui d’une marque française de surgelés, et de La Crêperie, un restaurant typique breton, à Shanghai. Un peu plus loin, Thomas Chabrières, fondateur de The Insiders, entreprise de tours en Sidecars dans la ville, explique avec passion son concept pendant que les visiteurs peuvent monter sur ses pièces de collection, vêtus du manteau et du chapeau de l’armée rouge.

 

II. DIVERSITÉ & AMBITIONS

Le nouvel El Dorado?

Vous l’aurez compris, les Français à Shanghai, occupent de multiples secteurs et n’hésitent pas à se lancer dans d’ambitieuses aventures. Jérémie et Virginie se sont donnés la dure mission d’éduquer le marché chinois aux tampons. Pas simple lorsqu’on sait que P&G a délaissé le marché voici quelques années.

Les Français aujourd’hui, ils sont 12 000 inscrits au consulat à Shanghai, 19 000 selon les projections, ont de l’ambition. Ils cherchent l’opportunité dans ce nouvel El Dorado.

 

III. LA CHINE

Sous le feu des projecteurs

Car depuis quelques années, la Chine ne cesse d’impressionner, dans tous les domaines. La croissance économique affichée est fulgurante, quand l’économie mondiale tourne au ralenti. Les chiffres, 7,8% annoncés fin 2013, qu’ils soient exagérés ou non, ne laissent pas indifférents. Les Chinois manient leur monnaie en fonction de leur besoin d’importation ou d’exportation, ils n’hésitent pas à lancer d’énormes projets, comme la construction du barrage des 3 Gorges, les jeux olympiques, à Pékin en 2008, l’exposition universelle à Shanghai, en 2010. Le pays, va vite, à l’image de la construction de la Shanghai Tower à Pudong, il est porteur d’espoir et d’opportunités. Nos compatriotes tricolores l’ont bien compris.

 

IV. LES DÉBUTS - L'USINE DU MONDE

Made in China

Remontons de quelques années dans le temps. Le temps où l’Union Européenne voyait des cartons de chaussettes débarquer à ses frontières, en 2005. Du temps où la France ne pouvait que constater le départ des industries du territoire national. Du temps où l’on appelait la Chine, « l’usine du monde » et où le « Made in China » était bien plus un gage d’économie que de qualité. Cette époque a changé. Fabrice de Buhan, fondateur de Cotton Society, entreprise de confection de chemises sur-mesure en Chine nous le confirme. Ses ateliers sont à Shanghai, dans la ville, ses employés sont formés, qualifiés. Sa pire crainte, perdre ses cadres, tant dans l’atelier qu’à la logistique. Fabrice, qui parle chinois couramment, manage ses équipes avec intelligence, leur offre de nombreux avantages. On est loin de l’image de l’usine où s’entassent des milliers de travailleurs, payés une misère. Il en résulte que le travail produit est de qualité, les finitions sont des plus soignés, les chemises, parfaites. Aucun détail n’est négligé. Le Made in China a aujourd’hui une toute autre dimension.

 

V. DE LA CONFECTION À LA CONSOMMATION

1,3 milliards de consommateurs

Outre Fabrice, nous évoquions en introduction de ce billet, quelques entrepreneurs partis lancer leur entreprise à Shanghai. Voyez-vous le point commun entre tous ces créateurs d’entreprise? Le marché ciblé est le marché chinois, en Chine !! 1,3 milliards de citoyens, ça ne se néglige pas. Et c’est la nouvelle tendance aujourd’hui. Caroline Pénard, directrice de l’antenne à Shanghai de la Chambre de Commerce et d’Industrie de France en Chine, la CCIFC, nous le confirme : « Aujourd’hui, la Chine est un marché de consommation immense et les entreprises viennent ici pour cela. Les droits de douanes à l’entrée peuvent être assez contraignants, car la Chine défend ses emplois et son marché. Les entreprises viennent donc produire sur place, vendre ici directement et dans les pays voisins. »

 

VI. LA FRENCH TOUCH

De nombreux secteurs porteurs pour les français

Et la France aurait tort de s’en priver, car les opportunités sont nombreuses. Ubifrance liste de nombreux secteurs dans lesquels la France offre une véritable valeur ajoutée. L’agroalimentaire et le marché du vin. L’industrie des télécoms, de l’internet et du e-commerce, l’élevage, le transport ferroviaire. Il existe de nombreuses niches.

 

VII. COMPRENDRE LES RISQUES

Respecter les règles

Ces opportunités sont riches de potentiel. La question de la réalisation et des risques qui y sont liés se pose alors très clairement, notamment sur le plan juridique. Qui n’a jamais entendu parler d’entreprises reparties bredouilles de Chine après avoir tenté de pénétrer le marché, où un associé chinois, aurait gardé l’ensemble des bénéfices pour lui-même ? Il y a en effet certaines règles qu’il semble bon de respecter.

Il est souvent de mise d’avoir un parrain, ou un proche ami chinois, qui peut aider et interférer pour votre entreprise auprès de différentes administration.

A-t-on besoin de rappeler que parler et lire le chinois pourra vous éviter de nombreux désagréments.

Ensuite, le dirigeant, engage sa responsabilité pénale, en cas de problème. Il est donc impératif de respecter absolument toutes les lois, même celles qui peuvent paraître « flexibles ». Thomas de Bruyne, diplômé de l’école hôtelière de Lausanne et cofondateur du Café des Stagiaires à Shanghai, nous explique ainsi qu’il est interdit de fumer dans ses différents cafés et restaurants: « Dans la plupart des bars et restaurants en Chine, les clients fument bien que cela soit interdit par la loi. En tant qu’étrangers, nous ne pouvons prendre ce risque, nos clients fument devant nos cafés, à l’extérieur. » Ces petits détails sont importants. Le Café des Stagiaires est un succès depuis sa création et attire le regard des autorités. Chaque faux-pas pourrait être fatale.

Car oui, le succès d’entreprises étrangères intrigue et suscite des réactions. Si vous réussissez, vous prenez forcément des parts de marché à des entreprises concurrentes, tenues par des chinois. On vérifie alors que vous êtes parfaitement en règle. Thomas Chabrières, fondateur de The Insiders, nous explique qu’il faut savoir anticiper ce genre de désagrément et être prêt à réagir au quart de tour, dès qu’un problème semble se profiler à l’horizon.

Il y a ainsi de bonnes pratiques à mettre en place pour éviter certains pièges. Rencontrer des Chinois membres de l’administration, avoir un parrain le plus important possible, comprendre les rouages de l’obtention des différentes autorisations et toujours penser au lendemain.

 

VIII. L’ENTREPRENEURIAT FRANÇAIS

Le boom

Entreprendre en Chine peut paraître compliqué, vu sous cet angle. Mais l’activité bat son plein, les bureaux d’achats se multiplient et les locaux du Business Center de la Chambre de Commerce n’ont jamais été aussi pleins, nous assure Caroline Pénard. Elle nous explique qu’en parallèle, un véritable réseau d’entraide s’est créé entre les entrepreneurs français, notamment par ceux qui sont là depuis plus longtemps. La Chine est un pays immense et il peut être compliqué d’y créer sa structure.

 

IX. LA CRÉATION D'ENTREPRISE

Complexités et démarches

Là encore, il faut suivre une procédure assez précise et compliquée. En fonction de la nature de l’activité que vous souhaitez développer sur place, les démarches seront plus ou moins compliquées : quelle type d’activité, quel type de produit, avez-vous besoin d’émettre des factures sur place. Autant de questions qui conditionneront votre implantation.

De là, vous pourrez définir le type de structure à créer. Une Joint Venture, un bureau de représentation, une WFOE, Wholly Foreign Owned Company ou une Sole Proprietorship. Chaque type de structure a ses exigences et ses conditions.

Contrairement à d’autres pays, créer une entreprise en Chine, ne peut se faire en une seule journée. Les démarches demandent un méticuleux travaille de préparation. L’obtention des différentes autorisations peut prendre 2 à 5 mois. Les différentes étapes sont assez précises, nous recommandons de faire appel à des spécialistes pour ce genre de prestation, comme le cabinet Harries Secretaries Limited, basé à Hong Kong et qui nous a aidé à décrypter ces difficultés.

 

X. CONCLUSION

Avoir conscience des risques

Les opportunités sont très larges en Chine, mais les risques qui y sont liés sont d’autant plus dangereux si on en n’est pas parfaitement conscient. Le succès peut griser, nous confie Caroline Pénard. Il faut sans cesse penser au lendemain et se préparer aux scenarii compliqués. Vous rêvez de l’empire du milieu ? La première étape est certainement de commencer à comprendre la langue et d’y aller pour comprendre comment le pays fonctionne. Et ensuite, les opportunités se créeront d’elles-mêmes sur-place.

L'avis de l'équipe

Sécurité

Ces informations liées à la sécurité ne sont pas exhaustives !

Nous vous recommandons fortement de vous rendre sur le site du Ministère des Affaires Étrangères, notre partenaire dans ce projet.