Danemark

Le pays le plus heureux du monde

Dernière mise à jour le 30/05/2014

L'indice W Project

77/100

La note en détail

Macro-économie
Macro-économie

L'économie du Danemark, quoi que fortement touchée par la crise de 2008 se remet plutôt très bien.

7/10
Accessibilité Internet
Accessibilité Internet

Le taux de pénétration d'internet sont excellents : 94,6 (vs 84 en France)

8/10
Concurence
Concurence

Le Danemark est une économie mature et les danois sont très friands de nouveauté. Il est rare qu'un étranger soit seul sur son marché.

6/10
Création d'entreprise
Création d'entreprise

Le paradis ? Tout se fait en ligne, pour quelques centaines d'euros et vous pouvez facturer vos premiers clients dans la semaine.

9/10
Culture business
Culture business

La culture du consensus et de la parole est y très pregnante. Si vous dites que vous allez faire quelque chose, alors c'est que vous allez le faire.

8/10
Infrastructures
Infrastructures

Efficaces, propres... mais chères ! Mais efficaces.

9/10
Opportunités
Opportunités

Le Danemark tout comme chaque pays scandinave constitue un bon pays test pour des services ou produits à forte valeur ajoutée. Fort pouvoir d'achat et curiosité sont deux qualités du consommateur danois.

8/10
Réseaux français
Réseaux français

La communauté française est grandissante et relativement bien soudée. Plusieurs initiatives existent comme radio escapade (en français) et d'autres blogs.

7/10
Sécurité
Sécurité

Rien à signaler, l'un des pays les plus sûrs au monde... si ce n'est le plus sûr.

10/10
Financement
Financement

Suite à la crise les robinets ont encore un peu de mal à s'ouvrir. Si l'entrepreneuriat y est développé c'est avant tout l'entrepreneuriat individuel. Pour de plus gros projets, le financement peut être un défi : il faudra bien vous entourer.

5/10

L'observatoire

La vie version "Hyggelig"

Voici les observations que nous avons pu effectuer sur l’entrepreneuriat dans ce pays et la vie des entrepreneurs que nous y avons rencontrés. Chaque entrepreneur ayant son histoire et les grandes généralités n’ayant jamais fait office de religion, vous trouverez dans ce billet nos impressions et différentes informations recueillies au cours de notre séjour.

Le « Pays le plus heureux au monde »… Ce n’est certainement pas le climat danois qui participe de cette réputation ! Quoi que…? Finalement peu connu, ce petit pays de 5,5 millions d’habitants, au très fort pouvoir d’achat, et perçu par ses voisins nordiques comme « l’Italie de l’Europe du nord » reste tout de même le pays natal de succès planétaires comme Lego, Velux, Maersk ou plus récemment Skype ! Alors quel peut bien être leur secret ?

 

L’ART DANOIS DU “HYGGE”

Ce mot « Hygge » (prononcez “hue-gah”) est quasiment intraduisible. Certains vous parleront de « feutré », « cosy »… mais il s’agit de bien plus qu’une simple atmosphère. C’est une philosophie, un état d’esprit. Avec seulement 7h de jour en hiver à Copenhague, autant vous dire que la saison n’est pas des plus joyeuses… Et pourtant ce sont les gens les plus heureux au monde : cela tient au Hygge. C’est le sentiment que vous avez lorsque vous êtes entouré de votre famille et amis un soir d’hiver, lorsque tous les ingrédients sont réunis et que vous savez que vous vous souviendrez longtemps et agréablement de ce moment…

Il n’en faut pas plus pour être heureux et les danois l’ont bien compris. Tout ce qu’ils font, et nous pensons notamment au fameux design danois, a pour but de susciter ce sentiment de « Hygge ». De créer des instants « Hyggelig ». Voilà en essence comment nous pourrions résumer notre impression de Copenhague pendant nos trois semaines de janvier passées sur place. Vous n’imaginez pas le nombre de cafés, tous plus confortables et agréables les uns que les autres, dans lesquels vous pouvez passer des heures et des heures à déguster chocolats chauds et patisseries.

Copenhague est une ville à taille humaine, tout le monde vous le dira, où tout est fait pour les vélos (près de 4 bicyclettes par habitant !) et reflète totalement l’art de vivre à la danoise. Cette fameuse qualité de vie que beaucoup de monde envie aux pays nordiques. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle les entrepreneurs français que nous avons rencontrés sur place ont décidé de s’y installer ou d’y rester. Ne serait-ce que pour l’éducation des enfants, comme nous l’explique Samuel Vaillant-Jorgensen, directeur de la chambre de commerce Franco-Danoise : « Quand on a 4 enfants, pour en profiter je ne pense pas qu’il y ait de meilleur pays que le Danemark ».

 

UNE ÉCONOMIE TOUCHÉE DE PLEIN FOUET PAR LA CRISE

Bien sur, tout n’est pas tout rose au Danemark et le pays a tout autant, voire plus, souffert de la crise économique que le reste de l’Europe. Fortement tournée vers l’international du fait de la petite taille de son marché (les exportations représentent environ 2/3 du PIB), l’économie danoise peine à redémarrer et a par exemple connu un déclin de 0,5% du PIB en 2012. Et malgré la stabilisation du nombre de création d’entreprises, ils ont tout de même connu une baisse de 25% entre 2007 et 2012.

Le secteur bancaire, très fortement touché avec plus de 26 milliards d’euros de provisions sur pertes sur prêt enregistrées depuis 2008, freine encore la reprise en refusant plus de prêts que la moyenne européenne et les « business angels », qui y ont laissé énormément d’argent, commencent seulement doucement à reprendre confiance. Mais le coup d’arrêt est désormais derrière eux et le gouvernement a donné un signal fort en faveur de l’entrepreneuriat en ordonnant la baisse du taux nominal de l’IS de 25% à 22% entre 2014 et 2016.

Le Danemark a tout de même perdu 8 places entre 2013 et 2014 au classement de la création d’entreprise (Doing Business 2014, désormais 40e). Et l’économie reste très divisée entre les grands groupes, fleurons internationaux à forte croissance, et les PME/StartUp peinant encore à se développer. Cela peut s’expliquer par une pression fiscale importante sur les revenus du travail (jusqu’à 49% – taux agrégé- sur les revenus supérieurs à 134,000 euros), ainsi qu’un haut niveau de salaire qui ne facilitent évidemment pas le lancement d’entreprises, mais participent grandement au succès du système social danois sur lequel nous reviendrons.

 

…QUI MET DÉSORMAIS L’ACCENT SUR L’ENTREPRENEURIAT

Les dernières mesures gouvernementales montrent une certaine prise de conscience et une volonté de développer l’initiative entrepreneuriale au niveau national. C’est aujourd’hui extrêmement simple de créer sa société au Danemark et cela ne vous coûtera pas grand chose. Six jours et quatre étapes suffisent : une fois votre « NEMiD » obtenu (système d’identification commun aux services publics et bancaires), dépôt du capital de départ à la banque, enregistrement de l’entreprise auprès des autorités, enregistrement des employés (et assurance des employés contre les accidents du travail).

Il ne sera même parfois pas nécessaire de disposer d’un capital minimum grâce au nouveau statut « d’entrepreneuriat » dont Nicolas Bonvalet, fondateur de l’application mobile Francis, a bénéficié avec ses 3 associés. Leur société est alors régie par un contrat que les associés établissent seuls, entre eux. D’où un système extrêmement flexible et accessible. A côté de ces facilités administrative, le gouvernement est également à l’origine du programme « Launchpad » visant à attirer les entrepreneurs étrangers au Danemark afin qu’ils y développent leur business. Cela se présente sous la forme d’un concours de Business Plan avec à la clef : Visa permanent, solutions de financement, soutien administratif, conseil, formation et j’en passe : un sacré tremplin pour n’importe quel entrepreneur !

Tout cela participe donc à l’essor de l’écosystème StartUp de Copenhague, dont nous avons eu un bel aperçu lors du « StartUp Grind Copenhagen » en février 2014. Le premier investisseur de Skype, Morten Lung, nous expliquait alors qu’il n’avait jamais vu autant de dynamisme dans sa ville en plus de 20 ans de carrière en tant que Business Angel. La Copenhagen Business School est également très active via son incubateur, proposant d’ailleurs son soutien à des entrepreneurs français comme Vincent Laulagnet, créateur de micromove.eu.

 

…SANS SE DÉTACHER DES VALEURS INTRINSÈQUES DE LA CULTURE DANOISE

Il serait réducteur d’associer seulement le Danemark à la « loi de Jante » mais il est indispensable de la connaître pour appréhender la culture danoise, et plus généralement la culture nordique. Cette philosophie prône la modestie et voit d’un plutôt mauvais oeil toute manifestation excessive de succès. Vous imaginez bien alors que l’entrepreneur danois n’est pas le héros que l’on pourrait rencontrer aux Etats-Unis par exemple. Le self-made man n’existe pas. Si tu as réussi, c’est grâce à nous, sous-entendu la société, souviens-t-en. Ne te crois pas supérieur à nous.

Loin des généralités (car il est évidemment tout à fait possible de réussir formidablement au Danemark) cet état d’esprit se retrouve notamment dans le processus décisionnel. Nous, français, n’hésiterons pas à le qualifier de long et fastidieux, en comparaison à notre système top-down, car il faut avoir consulté tout le monde – et tout le monde se doit de donner son avis – avant de prendre la moindre décision. En revanche, et c’est un argument de taille, une fois le cap défini : l’acceptation est totale, la machine avance.

Ainsi de cette philosophie naît un parfait équilibre vie privée/vie professionnelle car la famille passe avant tout. L’avenir de la société, les enfants, sont rois au Danemark. Hors de question de rester au bureau après 17h ! « Si tu n’es pas capable de t’occuper de ta famille, comment veux-tu t’occuper de tes employés ? » s’est vu rétorqué un expatrié français qui restait souvent après 18h au bureau. Il suffit de le savoir, comme nous l’explique Samuel vaillant Jorgensen : « A 17h/17h30 si j’envoyais un email… je n’avais pas de réponse.  C’est tout bête mais ça joue ! ».

Enfin, la fameuse flexicurité danoise est un véritable atout pour les entrepreneurs. Toujours Samuel Vaillant-Jorgensen de nous expliquer que si l’embauche est rapide et facile au Danemark, c’est avant tout parce que le licenciement l’est aussi. Pourquoi ? Tout simplement parce que le système social Danois enlève le poids humain d’une telle décision des épaules de l’entrepreneur. En sachant que l’employé licencié sera quoi qu’il arrive pris en charge, formé et accompagné par le gouvernement — de manière efficace qui plus est — c’est tout de suite beaucoup plus simple en cas de difficultés pour l’entreprise. On peut alors se concentrer sur les affaires.

 

UNE RELATION PRIVILÉGIÉE AVEC LA FRANCE

Une longue tradition aristocratique lie la France au Danemark. Saviez-vous que le Danemark est, avec la Pologne, le seul pays d’Europe avec lequel la France n’a jamais été en guerre ? En effet les relations franco-danoises reposent sur un socle ancien et solide. Et comme nous le dit Thomas Fleurquin, fondateur du festival Distortion : « Tous les gens de la culture au Danemark sont très respectueux de la France ». Monsieur François Zimmeray, Ambassadeur de France au Danemark, renchérit : « La France est un des pays qui attire le plus les Danois […]. Ils aiment nos produits, Ils aiment notre culture… ils y sont sensibles. C’est un pays de longue tradition, de longue culture ».

Certes le nationalisme est bien plus présent au Danemark que dans le reste de l’Europe et nous avons pu le constater lors des dernières élections européennes (Le Parti populaire danois, une formation anti-immigration, a largement remporté les élections européennes au Danemark avec 26,7 % des voix). Mais si le pays s’est véritablement refermé sur lui même entre 2001 et 2011, de nombreuses mesures d’ouvertures ont été mises en place depuis.

Nous avons évoqué l’initiative Launchpad, mais il faudrait également parler d’Entrepreneurship in Denmark, visant à promouvoir la diversité ethnique au sein de la communauté entrepreneuriale danoise. Samuel Vaillant-Jorgensen nous a d’ailleurs expliqué qu’il avait bénéficié, comme tout immigré, de 3 ans de cours de danois gratuits ! Facilitant évidemment son intégration… Cependant beaucoup d’entrepreneurs rencontrés sur place nous ont confiés toujours se sentir « comme un étranger », même après 16 ans à Copenhague comme c’est le cas pour Thomas Fleurquin. A titre purement personnel et subjectif, nous avons constaté un véritable intérêt des danois que nous avons pu rencontrer envers notre nationalité française : beaucoup d’entre eux apprenant d’ailleurs notre langue.

 

CONCLUSION

Le Danemark est donc un petit marché par la taille, mais le pouvoir d’achat très élevé de ses habitants en fait une terre d’opportunités pour nombre d’entrepreneurs ! De plus, les liens étroits que le pays entretien avec ses voisins scandinaves en font une belle porte d’entrée pour ces marchés. Entrer par le Danemark pour toucher la Suède, la Finlande et la Norvège est une stratégie qui paye : ces pays partagent un pouvoir d’achat similaire, des cultures extrêmement proches et leurs capitales sont à moins d’une heure d’avion les unes des autres. Autre excellent argument en faveur de l’entrepreneuriat au Danemark : vous n’aurez aucun problème de paiement ! Tous les entrepreneurs rencontrés nous l’ont souligné, dans le pays champion du monde en terme d’absence de corruption, les paiements se font sous 14 jours ! Un véritable luxe quand on lance son entreprise et qu’on a un vrai besoin de trésorerie.

Au fait, on vous a dit que le centre ville de Copenhague était à 1h30 de Roissy ?

L'avis de l'équipe

    Equipe économie créative

    Pour la phase pilote de notre équipe avec un focus sur l’économie créative, nous avons choisi le pays “le plus heureux au monde”. Les objectifs derrière ce pays test sont multiples : que les membres de l’équipe se découvrent et apprennent à travailler ensemble et faire le point sur les difficultés rencontrées afin de les anticiper par la suite.

    Lors de notre séjour à Copenhague, nous avons rencontré de nombreux français : entrepreneurs, expatriés et anciens de nos écoles. Nous avons donc eu une vision globale de la communauté et des initiatives françaises sur place.

    Nous avons aussi eu l’occasion de rencontrer François Zimeray, nouvel ambassadeur de France au Danemark qui a à coeur de soutenir les entrepreneurs français sur place. Ainsi que Samuel Vaillant, directeur de la chambre de commerce franco-danoise, qui travaille à la relance de cette structure afin d’aider ceux qui, comme lui auparavant, se lancent dans l’aventure entrepreneuriale au Danemark.

    Première réalité : aucun entrepreneur français rencontré au Danemark n’est venu pour fuir la France. La plupart y ont suivi leur conjoint(e). Ils découvrent alors un pays géographiquement proche de la France mais relativement éloigné en terme de culture. S’ils nous ont tous dit être arrivés là bas par amour et surtout pas pour le climat, tous restent au Danemark pour la qualité de vie que ce pays peut offrir.

    • + La qualité de vie

      + La qualité de vie 🙂

      + Le pouvoir d’achat

      + Le système de Flexicurité

    • – Connaître les codes implicites

      – Profond respect de la norme, la dénonciation y est plus acceptée qu’en France

      – L’hiver rigoureux

Sécurité

Ces informations liées à la sécurité ne sont pas exhaustives !

Nous vous recommandons fortement de vous rendre sur le site du Ministère des Affaires Étrangères, notre partenaire dans ce projet.

    A savoir :

  • Pendant les mois de juillet et août, il convient d’être extrêmement vigilant vis-à-vis des pickpockets dans les cafés, les hôtels, les restaurants et les rues piétonnières du centre de Copenhague.
  • Il convient également de ne laisser aucun effet personnel, sac ou bagage dans les véhicules en stationnement. Cette remarque concerne l’intégralité du territoire danois.

Sources :

Conseils aux voyageurs – Danemark (Ministère des Affaires Etrangères), Santé – Danemark (Institut Pasteur) – Mis à jour le 15/01/2014