Singapour

Just fuckin' do it (JFDI)

Dernière mise à jour le 09/09/2013

L'indice W Project

81/100

La note en détail

Macro-économie
Macro-économie

Un pays qui en l’espace de 50 ans est devenu une référence à l’échelle mondiale. La stabilité et la lisibilité des politiques gouvernementales (Economic Development Board) font de la Cité-Etat un modèle de gouvernance.

9/10
Accessibilité Internet
Accessibilité Internet

Avec un taux de pénétration de 75% internet fait partie du quotidien de la ville qui s’en sert également dans le cadre de sa politique de « smart city ».
Des opportunités dans le secteur.

9/10
Concurence
Concurence

Carrefour économique, ville attractive et stabilité font de Singapour une ville extrêmement concurrentielle, entre la puissance des groupes singapouriens et la présence de toutes les grandes entreprises mondiales.

4/10
Création d'entreprise
Création d'entreprise

Déjà classé n°1 dans l’étude « Doing Business » de la Banque Mondiale en 2013, Singapour est cette année encore premier du classement.
3ème pour la création d’entreprise (sur 185 pays) la ville propose des démarches de création rapides (2,5 jours) et peu nombreuses (3 jours).
Le paradis des entrepreneurs?

10/10
Culture business
Culture business

1- Réactivité et ponctualité! Voilà deux mots d’ordre à Singapour.
2- Ville cosmopolite, il faut être prêt à faire des affaires avec le monde entier et donc faire preuve d’adaptation et d’une culture business sans failles.
3- Le réseau est une des composantes essentielle de votre réussite.

8/10
Infrastructures
Infrastructures

La réussite de Singapour est liée à une formidable planification urbaine. La encore, la ville est un exemple dans le domaine des “smart cities”.

9/10
Opportunités
Opportunités

Scalabilité! Seulement 5 millions d’habitants au pouvoir d’achat élevé. Attention donc à bien en tenir compte.
De nombreuses opportunités pour les startups , le gouvernement souhaitant faire de la ville un véritable hub international de l’entrepreneuriat.

7/10
Réseaux français
Réseaux français

Avec plus de 9000 français et 450 sociétés, la communauté française est dynamique. Ce dynamisme se retrouve dans les institutions françaises qui aident à l’implantation/intégration.

9/10
Sécurité
Sécurité

Aucuns problèmes de sécurité dans une ville où cracher un chewing gum à terre peut conduire en prison. Attention donc à bien respecter les règles.

9/10
Financement
Financement

En plus d’une fiscalité attractive, Business Angels, Venture Capitalists et autres financeurs sont présents à Singapour.
Lever des fonds s’avère plus compliqué pour les entreprises qui recherchent plus de 3-4 millions.

7/10

L'observatoire

Just fuckin' do it (JFDI)

Voici les observations que nous avons pu effectuer sur l'entrepreneuriat à Singapour, et la vie des entrepreneurs que nous avons rencontrés. Chaque entrepreneur ayant son histoire et les grandes généralités n’ayant jamais fait office de religion, vous trouverez dans ce billet nos impressions et différentes informations recueillies au cours de notre séjour à Singapour.

I. INTRODUCTION

N°1

Tous les ans, Singapour trust, en alternance avec Hong Kong, les classements Doing Business des pays les plus ouverts à la création d’entreprise, de ceux où il est le plus simple de faire du Business. Très libérale, très ouverte, la ville est en réalité soumise à de fortes contraintes qui l’obligent à se démarquer, pour garder la place qu’elle occupe en Asie.

 

II. UNE HISTOIRE NATIONALE RÉCENTE

Moins de 50 ans…

La république de Singapour a moins de 50 ans. Sous le joug britannique jusqu’en 1963, puis réintégrée dans une fédération d’états malais, la cité-état déclare son indépendance en 1965. Un homme, Lee Kuan Yew, y a joué un rôle décisif.

Fort d’une nouvelle constitution, l’homme politique va mener Singapour sur la voix du développement, pour en faire, dans les années 1980s, l’un des quatre dragons asiatiques. À l’initiative de l’ASEAN (1967), développant une société multiculturelle et encadrée, Lee Kuan Yew a réussi à créer une économie performante, encore d’actualités aujourd’hui.

 

III. LA PERFORMANCE DE L’ÉTAT

Devenir fonctionnaire, le graal

Les ministres de Singapour gèrent leurs portefeuilles comme de grandes entreprises. Et sont rémunérés en conséquence. Ainsi, être « fonctionnaire » à Singapour, c’est atteindre les fonctions les plus prestigieuses et les talents sont repérés très tôt, avant la fin des études secondaires.

Toute cette performance économique est également encadrée par l’Economic Development Board, un organe public qui gère, adapte, planifie et encadre le développement économique de Singapour. « Toute la politique de développement des 20 prochaines années est disponibles à l’EDB. Vous n’avez qu’à les appeler, prendre rendez-vous et ils vous diront ce que vous avez besoin de savoir, vous mettrons à disposition, tous les documents dont vous avez besoin » nous explique Laure de Charrette, journaliste française à Singapour. De quoi donner des idées et un cadre d’action aux entrepreneurs qui souhaitent y développer leur activité.

Outre l’EDB, le gouvernement de Singapour a favorisé le développement de nombreuses entreprises publiques. SingTel, opérateur téléphonique de Singapour en est l’illustration parfaite. L’entreprise participe d’une part au rayonnement de Singapour en Asie du Sud-Est mais également à la croissance économique locale en soutenant la création de jeunes entreprises et en favorisant l’innovation.

 

IV. LE RAYONNEMENT EN ASIE DU SUD-EST

L’attractivité de Singapour

Oui, être à Singapour permet un bon rayonnement régional (partie 1 du guide). Une base fiscalement avantageuse pour toucher les marchés asiatiques en croissance, pas forcément aussi stables politiquement et juridiquement, comme l’Indonésie et la Malaisie par exemple. Les entreprises peuvent même parfois aller jusqu’à l’Australie. Encore une fois, l’exemple de SingTel est frappant. Détenteur de larges parts de marchés à Singapour, l’opérateur, via ses filiales, touche par exemple l’Australie avec Optus (9 millions de clients).

 

V. UN SOUTIEN À L’INNOVATION

Un véritable modèle

Singapour le sait. Ses voisins ont un marché plus grand, des avantages territoriaux et un potentiel prêt à exploser. La cité-état a fait le choix de l’innovation afin de garder un réel avantage compétitif dans le monde. Pas assez de place ? Une partie de la ville va s’étendre sur la mer. Pas assez d’eau ? La ville va devenir leader mondial en désalinisation de l’eau. Au point de devenir un modèle pour d’autres villes du monde, comme Dubaï par exemple.

L’état encourage donc l’innovation et n’hésite pas à y mettre les moyens. Outre l’EDB, de nombreux organes publics encouragent la recherche fondamentale, comme l’agence A*Star (Agency for Science, Technology and Research) par exemple.

 

VI. UNE OPPORTUNITÉ POUR LES START-UPS

Une dynamique nationale

Oui, évidemment, ce soutien à l’innovation et cette planification économique ne peuvent être que bénéfique à l’écosystème de Startup, très dynamique à Singapour. Arnaud Bonzom, directeur adjoint du MBA Career Center de l’INSEAD à Singapour, nous a décrit l’environnement startup à Singapour et nous a emmené au Blk 71, un bâtiment qui accueille bureaux de Venture Capitalists, de Startups, accélérateurs et médias liés aux startups à côté d’un centre universitaire de recherche. C’est notamment ici que vous retrouverez l’incubateur JFDI, officiellement Joyful Frog Digital Incubator, mais que chacun connaît mieux sous le nom Just Fuckin’ Do It (“Aller, fais-le pu***” littéralement et pour rester poli).

En témoigne la photo ci-dessous, prise lors d’un événement organisé au Blk 71, les organisations gouvernementales (A*Star, Media Development Economy (MDA), Infocomm Development Authority (IDA), National University of Singapore (NUS ) et le fond d’investissement de SingTel, SingTel Innov8), le soutien à la création d’entreprise est bien réel à Singapour. Et il serait dommage de ne pas profiter !

Partenaires Blok71

 

VII. DES SECTEURS PORTEURS DANS TOUS LES DOMAINES

De nombreuses niches

Frédéric Rossi, directeur d’Ubifrance à Singapour le reconnaît. Beaucoup de secteurs sont porteurs à Singapour. Bien sûr, la taille du territoire ne lui permet pas de développer toutes les activités comme elle le souhaite, comme l’agriculture par exemple, mais sur place on réalise que les opportunités sont très diversifiées, qu’il y a de nombreuses niches et de nombreux marchés.

Afin de clarifier la situation, Frédéric Rossi reprend les quatre familles prioritaires définies par le ministère du Commerce Extérieur dans sa stratégie.

1. Mieux se nourrir. L’agroalimentaire a toujours été un plus pour la France, tant dans les ingrédients, que les spiritueux ou le secteur du gourmet. La règle ne déroge pas à Singapour. Par exemple, la consommation de vin n’a cessé d’augmenter (+5% en 2011), nourrie notamment par l’explosion du nombre de touristes (+13,2M en 2011) – source : fiche marché “Le marché des Vins & Spiritueux à Singapour”

2. Mieux se soigner. Secteur dans lequel nous intégrerons de manière plus globale, les biens de consommation. Nous découvrons une première niche dans le secteur de l’habitat, de la décoration intérieure (80% des Singapouriens sont propriétaires, 12% sont millionnaires en USD, 12 000 appartements sont encore vacants). La France et ses designers internationaux ont une carte à jouer, notamment au salon Maison & Objets Asia organisé pour la première fois à Singapour en mars 2014. Le secteur de la santé est clairement identifié également, Singapour étant une importante plate-forme pour le tourisme médical (1 million de malades par an).

3. Mieux vivre en ville. Par définition, Singapour veut être la ville du futur (unesmart city). Pour survivre, pour toujours être en avance et pour pallier aux déficits. La ville est très connectée (3G, 4G), le port et l’aéroport sont à la pointe et la ville tente de conserver une longueur d’avance en permanence sur ses voisins. Parmi les enjeux pour les entreprises françaises, le STS (Smart Transport System, système de transport intelligent), dans lequel nous avons une véritable expertise.

4. Mieux communiquer. Singapour est une plate-forme IT et de services vers toute l’Asie du Sud-Est. Le créneau de la Digital Life est identifié.

Frédéric Rossi, pour conclure, nous invite à arriver à Singapour avec un projet défini, une cible identifiée (le marché de Singapour ou l’Asie du Sud-Est?) et de solides épaules.

 

VIII. DES DÉMARCHES LARGEMENT FACILITÉES

Bon à savoir

D’autant que créer son entreprise à Singapour semble très simple. D’après la French Chamber of Commerce in Singapore (FCCS), il y a quatre grands types d’entreprises. La Private Limited, structure la plus commune et la plus adaptée pour développer une activité commerciale, un simple Bureau de Représentation,  structure légère au champs d’action restreint, un Entrepass pour les entrepreneurs étrangers,  très contraignant, et la Sole Proprietorship, pour les sociétés unipersonnelles.

Une fois le type de société identifié, vous pouvez ensuite créer votre société à l’aide de la FCCS par exemple ou d’une société de conseil en incorporation comme Orchid Link, que nous avons également rencontré à Singapour. Stéphane Benoist, directeur de ce cabinet-conseil, encourage la création d’entreprise ici, estimant les barrières très faibles. «  La seule contrainte est d’avoir au moins un résident singapourien comme administrateur (« Local director ») au Conseil d’Administration. De plus, il existe certaines restrictions sur des professions comme les commissaires aux comptes, les avocats, les architectes et les médecins, comme dans beaucoup de pays. »

Carine Lespayandel, directrice de la FCCS, renchérit également : « Il y a énormément de dynamisme en Asie et Singapour a mis en place des procédures simples pour encourager la création d’entreprise. Attention, car il en résulte un environnement très concurrentiel et les politiques de visas peuvent être amenée à évoluer. Il sera quoiqu’il arrive plus simple d’implanter votre activité si vous présentez un produit ou un service réellement différenciant ! »

 

IX. CONCLUSION

La clé : une stratégie à long-terme

Des discours qui sont encourageants mais qui suggèrent de ne pas céder inconsciemment au rêve asiatique. Arriver avec des épaules solides et bâtir une stratégie à long-terme, voilà, la clé de la réussite pour les entrepreneurs qui souhaitent s’implanter ici à Singapour.

L'avis de l'équipe

    Equipe fondatrice

    L’innovation est le maître-mot de la cité-état qui cherche ainsi à garder un avantage compétitifdans le monde. Une philosophie qui se ressent au quotidien dans la ville.

    La technologie facilite la vie de cette « smart city » où tout est propre, tout fonctionne et où chaque problème trouve ça solution.

    • Exemplarité. Voilà un mot pour qualifier la ville de Singapour qui truste tous les podiums lorsqu’on parle d’entrepreneuriat, poussée par un gouvernement efficace et stable.

      La cité-état est implantée en plein coeur de l’Asie Pacifiquequi connaît un dynamisme allant crescendo.

    • Visa et concurrence. Voilà les deux principales difficultés auxquelles il faut s’attendre pour s’implanter à Singapour. Desbarrières qui devraient devenir de plus en plus fortes.

      L’encadrement législatif donne à la ville un aspect qui sera trop policé pour certains. Attention, de fortes amendes à tout faux-pas!

Sécurité

Ces informations liées à la sécurité ne sont pas exhaustives !

Nous vous recommandons fortement de vous rendre sur le site du Ministère des Affaires Étrangères, notre partenaire dans ce projet.

    A savoir :

  • Singapour est une ville sûre. Les précautions d’usage sont néanmoins de mise dans les lieux touristiques.
  • La pollution atmosphérique peut provoquer des gênes respiratoires. Attention également : recrudescence des cas de dengues.

Sources :

Conseils aux voyageurs -Singapour (Ministère des Affaires Etrangères), Santé – Singapour (Institut Pasteur)